Tout ce qu'il faut faire après l'entretien

Auteur : Aurélie Tachot
juin 2011

Vous avez passé votre entretien. Soit. Mais tout n'est pas terminé pour autant. Voici la liste de tout ce qu'il vaut mieux faire dans la foulée.

Debriefing : mode d'emploi

Pour ne pas répéter les mêmes erreurs, il importe de faire un débriefing après chaque entretien de recrutement. Un réflexe constructif qui suppose de se remettre en question.

Règle n°1 : être réactif

N’attendez pas trois jours avant de coucher sur papier vos remarques sur l’entretien que vous venez de passer. « Notre mémoire n’est pas infaillible, il faut donc noter ses impressions à chaud pendant qu’on les a encore en tête », observe Myriame Desandre, responsable des programmes au sein de l’Ecole de commerce et de gestion (EGC) de Chambéry. Au mieux, quelques heures après l’entretien. Au pire, le lendemain.  

  

Règle n°2 : consigner des informations

Durant l’entretien, le recruteur a dû vous livrer une myriade d’informations sur l’entreprise et le poste que vous visez. Rassemblez ces éléments et établissez une carte d’identité de l’entreprise ainsi qu’une fiche de poste. Celles-ci viendront compléter les informations que vous avez déjà glanées. « Elles devraient s’avérer utiles pour la suite, notamment lors d’un second entretien », souligne Myriame Desandre.  

  

Règle n°3 : s’auto-évaluer

C’est certainement l’étape la plus difficile car il faut prendre suffisamment de recul pour juger sa prestation. Intéressez-vous à votre attitude pendant l’entretien : gestes, position, débit de parole, moments de pause, tics de langage… Ensuite, interrogez-vous sur le fond. Vous-êtes vous suffisamment mis en valeur ? Les compétences sur lesquelles vous avez insisté étaient-elles en adéquation avec le poste ? Votre motivation a-t-elle suffisamment transparue ? Mais aussi : à quels moments vous-êtes vous senti le moins à l’aise ? Sur quelles questions avez-vous trébuché ? « Ce n’est qu’une fois ses points faibles identifiés que le candidat pourra les travailler », explique Myriame Desandre.  

 

Règle n°4 : exploiter ces données

Ne vous contentez pas de dresser un constat : interprétez vos réponses et tirez vos conclusions. Si, par exemple, vous n’avez pas réussi à étayer vos propos avec des exemples concrets, c’est peut-être parce que vous n’y aviez pas suffisamment réfléchi. Votre objectif ? Rectifier le tir pour le prochain entretien.

 


Le planning de la relance

 

Vous quittez tout juste le bureau du recruteur suite à un entretien. Ne considérez pas que la balle est dans son camp. Prenez les devants car finement articulée, une bonne relance peut peser dans la balance.  

 

Fin de l’entretien : je planifie ma relance

Avant de terminer l’entretien, renseignez-vous sur la suite du processus de recrutement et sur les modalités de prise de contact (mail, téléphone, courrier…). Cette démarche, appréciée des recruteurs, démontrera votre intérêt pour le poste.

Exemples : « Si mon profil vous intéresse, d'ici combien de temps pensez-vous me recontacter pour un second entretien ? », « Préférez-vous que je reprenne contact avec vous par email ou par téléphone ? »  

 

J+1 : je remercie par mail

Le lendemain, envoyez un mail au recruteur pour le remercier de vous avoir reçu. Pensez également à « fortifier votre candidature en lui rappelant vos compétences-clés pour le poste ou en lui donnant une ou deux informations complémentaires », conseille Jean-Christophe Thibaud, consultant au sein du cabinet Lectia. Vous prouverez, par la même occasion, que vous avez un esprit de synthèse.

Exemple : « Je tenais à vous remercier pour l’accueil que vous m’avez réservé hier et vous confirmer mon intérêt pour le poste d’analyste financier que vous proposez. J’ai bien noté que vous étiez à la recherche d’un profil spécialisé dans le recouvrement amiable. Comme nous l’avons évoqué hier en entretien, j’ai eu l’occasion, lors de mon précédent poste, de gérer tous types de contentieux. Cela m’amène à penser que je serai parfaitement opérationnel dans les fonctions que vous voudrez bien me confier. »  

 

J+7 : je relance par téléphone

Tentez d’avoir au bout du fil la personne qui vous a reçu en entretien. Si vous ne parvenez pas à passer le barrage des secrétaires qui ont souvent pour consigne de filtrer les appels, « pensez à téléphoner en fin d’après-midi, après 17h », confie Christophe Thibaud. L’enjeu de ce coup de téléphone est de rafraîchir la mémoire du recruteur et de savoir si vous faites partie de sa « short list ». Attention : ne confondez pas relance et harcèlement. Restez courtois, même si le recruteur est évasif dans sa réponse.

Exemples : « Nous nous sommes rencontrés il y a une semaine. Peut-être avez-vous aujourd’hui de nouvelles questions à me poser ? », « Vous avez dû rencontrer d’autres candidats depuis notre rencontre. Je souhaitais savoir, avec le recul, ce que vous pensez de mon profil », « Avez-vous quelques éléments à partager avec moi concernant le poste ? ».

 

 

J’ai été embauché : que puis-je encore négocier ?

 

Hormis la rémunération, il existe d’autres avantages qu’un candidat peut négocier avant de signer son contrat. Horaires, tickets restaurants, période d’essai… Tour d’horizon des « à-côtés » qu’il est possible de grappiller.

 

Les avantages en nature

Tickets restaurants, outils de mobilité (téléphone, tablette numérique, ordinateur portable…), voiture de fonction, remboursement des frais de transport, chèques vacances, complémentaire santé, mutuelle d’entreprise… Autant d’éléments que vous pouvez négocier lors de votre embauche.

 

L’aménagement des horaires

C’est l’un des sujets les plus abordés lors du recrutement. « Notamment les jeunes candidats qui attachent beaucoup d’importance à l’équilibre entre leur vie professionnelle et personnelle », explique Grégoire Conquet, directeur de la division Finance du cabinet de recrutement Badenoch & Clark. Certains négocient par exemple des journées de télétravail.

 

Le début du contrat de travail

Cette date peut, elle aussi, être discutée. « Surtout si ce nouveau poste implique un déménagement ou une nouvelle scolarisation des enfants », explique Grégoire Conquet. Seule exception : lorsque l’employeur a besoin que le poste soit pourvu le plus rapidement possible. 

 

La suppression de la période d’essai

C’est un avantage beaucoup plus difficile à obtenir. Les profils rares et justifiant d’une forte valeur ajoutée ont évidement plus de cartes à jouer. « Plus le profil du candidat sera recherché, plus importante sera la latitude de négociation », résume Grégoire Conquet. A défaut de pouvoir la supprimer, vous pouvez toujours demander à ce qu’elle soit réduite.

 

Attention au mauvais timing !

« La négociation doit se jouer à un moment-clé du processus de recrutement : lorsque le candidat reçoit une proposition d’embauche du recruteur », explique Grégoire Conquet. Une fois que celle-ci a été formalisée, ne revenez pas à la charge. « Elle ne doit pas faire l’objet de va-et-vient répétitifs », insiste t-il. Toute tentative de renégociation serait en effet mal perçue.

 

 

 

Comment rebondir après une réponse négative ?

 

Vous avez espéré cet emploi pendant plusieurs semaines. Mais la réponse est tombée : c’est non ! Doute, remise en question, perte de confiance, la spirale négative est en marche... Quatre conseils pour y échapper.

 

1.    Considérez cet échec comme une étape

« Si vous n’avez pas été retenu pour le poste, ne le considérez pas comme un échec, mais plutôt comme une épreuve à surmonter », souligne Lydia Levant-Bol, psychologue du travail et conseil en orientation. Cette épreuve vous permettra de vous relever plus fort et de mieux performer au prochain entretien.

 

2.    Demandez un retour

N’hésitez pas à demander à la personne qui vous a reçu lors de l’entretien les raisons de votre élimination. « A condition d'accepter les critiques et d'utiliser les données pour repartir, pour réfléchir, et non pour s'opposer à la décision du recruteur... Le monde est petit, ce serait mal venu de laisser un mauvais témoignage », souligne Lydia Levant-Bol.

 

3.    Exprimez-vous

Inutile de vous replier sur vous. Au contraire : parlez-en à votre entourage. « Mais pas à n'importe qui, prévient la psychologue du travail. Il faut pouvoir s’adresser à quelqu'un de constructif, qui vous dira autre chose que « ça va aller ». Une personne qui aura la maturité et le courage de dire des vérités s'il le faut ».

 

4.    Pensez positivement

Vous avez déjà franchi l’étape difficile du tri du CV, ce n’est pas pour rien ! « Faites grandir votre sentiment de capacité et ne fixez pas vos pensées sur vos points faibles ou sur votre stress », précise Lydia Levant-Bol. Car ce que vous pensez déteint sur l’image que vous renvoyez aux autres. « Si vous vous dites intérieurement « Je vais échouer », c’est le meilleur moyen pour réellement échouer. »

  

Bertrand Longueville 

 

 

 


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