Peut-on mentir en entretien ?

Auteur : Séverine Dégallaix
juin 2011

Sachez que les recruteurs vérifient tout, des diplômes aux dates en passant par les missions accomplies. Mentir, c’est donc prendre un énorme risque… Qui n’en vaut généralement pas la peine.

« Un bon recruteur détecte les éléments surprenants », prévient Isabelle Bernard, directeur de développement RH pour le groupe SGS France. Conséquence : il fait parler le candidat sur ce qui l’a interpelé et repère rapidement d’éventuelles tromperies. « Au lieu de mentir pour dissimuler un accident de parcours, il vaut mieux préparer ses arguments pour l’expliquer », conseille-t-elle.

D’ailleurs, selon Juliette Nicot, directrice chez Hudson, « les candidats se pénalisent en cherchant à mentir. » Car un mensonge détecté entraine une bien plus mauvaise impression qu’admettre que l’on pourrait s’améliorer en anglais ou que l’on est resté au chômage quelques mois. « Même si le mensonge n’est pas détecté, que va-t-il se passer ensuite ?, remarque Juliette Nicot. Le candidat recruté réussira-t-il vraiment à cacher cette tromperie lorsqu’il sera en entreprise ? »

Mentir, non, arrondir, oui

« En revanche, admet Alain Jacob, directeur d’AJConseil, on peut améliorer la présentation des choses. A condition que cela soit une question de fluidité du discours, et pas un mensonge factuel par rapport à un passé. » Gonfler une équipe de 18 à 40 personnes ou doubler un chiffre d’affaires, voilà une vraie supercherie. Mais si vous avez dirigé une équipe de 18 personnes et que vous parlez d’une vingtaine de subordonnés, ou que vous arrondissez à 4 millions d’euros un chiffre d’affaires de 3,9 millions, personne ne vous en tiendra rigueur.


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