Comment parler salaire en entretien

Auteur : Aurélie Tachot
juin 2011

C'est de loin l'étape la plus redoutée des candidat... Et pour cause : savoir négocier est un art complexe à maîtriser. Comment aborder sereinement le sujet ?

Attention au timing !

N’abordez pas la rémunération d’entrée de jeu. Ce n’est qu’une fois que vous aurez montré votre enthousiasme pour le poste et l’entreprise que vous pourrez parler gros sous avec le recruteur. « Le candidat peut aborder ce sujet à la fin de l’entretien, au moment des questions », précise Jean-Noël Thiollier, directeur emploi et rémunérations au sein de Disneyland Paris. « Le mieux est encore d’attendre que le recruteur vous demande vos prétentions salariales », estime de son côté Florian Devauchelle, dirigeant associé du cabinet de recrutement H30.

Vendez vos compétences

À l’instar de la négociation commerciale, vous devez être convaincu de votre produit. Ici, vos compétences. Pour faire pencher la balance de votre côté, « démontrez au recruteur votre plus-value », conseille Jean-Vianney Lacroix, consultant formateur pour CSP Formation. « Le recruteur attend un retour sur investissement. Il faut donc avoir une bonne lecture de votre parcours et lui expliquer ce que vous lui apporterez dès demain », ajoute Florian Devauchelle.

Restez les pieds sur terre

« Lorsque les candidats manquent de réalisme, ça a tendance à décrédibiliser leur candidature », prévient Jean-Noël Thiollier. En amont de l’entretien, renseignez-vous sur les salaires proposés dans l’entreprise ainsi que sur ceux pratiqués dans votre métier, en prenant en compte votre niveau d’expérience et votre lieu de travail. Les grilles de salaires des multinationales sont généralement consultables sur Internet. Parmi les autres sources possibles : les enquêtes réalisées par les associations d’anciens diplômés, la presse spécialisée, les études de rémunérations des cabinets de recrutement, les offres d’emploi… « Je reçois régulièrement des candidats qui me donnent la rémunération qu’ils touchaient lors de leur précédent poste. C’est un bon point de départ », estime Jean-Noël Thiollier. Enfin, prenez également en compte le marché économique : la marge de négociation sera plus grande en période de reprise qu’en période de récession.

A vos marques ! Prêt ? Négociez !

Première règle : lorsque vous livrez vos prétentions salariales au recruteur, ne donnez pas un chiffre précis « mais une fourchette relativement serrée », conseille Florian Devauchelle. Par exemple : entre 30 000 et 32 000 euros brut par an. Cela prouve que vous êtes ouvert à la négociation mais que vous savez être ferme. Si le salaire que le recruteur propose est en deçà de vos prétentions, ne tentez pas une augmentation de plus de 15 %. S’il a besoin d’être rassuré, demandez à ce que son offre soit réévaluée à l’issue de votre période d’essai. « Un recruteur préfère payer une fois qu’il a vu plutôt que payer pour voir », explique Florian Devauchelle. Enfin n’oubliez pas que vous pouvez aussi compenser un salaire plus bas que prévu par une négociation sur les avantages en nature ou sur les horaires de travail. Vous êtes finalement arrivé à un compromis avec votre futur employeur ? Assurez-vous que tout ce qui a été convenu figure sur votre contrat de travail.

Pour en savoir plus : J’ai été embauché : que puis-je encore négocier ?


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