Comment bien répondre aux questions des recruteurs

Auteur : Aurélie Tachot
juin 2011

Apporter des réponses précises, persuasives et originales aux interrogations des recruteurs nécessite une bonne préparation. Astuces et conseils pour déjouer leurs questions parfois pièges.

Pourriez-vous me présenter votre parcours ?

Le recruteur cherche ici à juger vos capacités de synthèse. En amont de l’entretien, préparez une présentation construite qui expliquera la cohérence de votre parcours professionnel. Ne vous contentez pas de répéter votre CV. Au contraire, insistez sur les informations qui n’y transparaissent pas. Vous offrirez ainsi au recruteur une seconde lecture de votre candidature. Vous pouvez, par exemple, commencer votre présentation en évoquant votre bagage académique puis dérouler les postes que vous avez occupés et les compétences que vous avez acquises au fur et à mesure de votre carrière. Le tout en 10 minutes maximum.

Pourquoi avez-vous répondu à notre offre d’emploi ?

« Nous tentons ici de savoir si le candidat a bien compris le descriptif de poste de notre annonce », explique Agathe Bienaymé, consultante finance chez Adecco Experts. Pour coller aux attentes du recruteur, relisez l’offre d’emploi avant l’entretien et mémorisez les mots-clés : l’intitulé de la fonction, le service de rattachement, les missions, les compétences requises. « Il faut que le candidat se soit approprié l’annonce et qu’il la mette en corrélation avec son parcours », précise Audrey Etcheberry, consultante en recrutement au sein de Manpower. Enfin, expliquez à la fois ce que ce poste pourrait vous apporter et ce que vous pensez apporter à l’entreprise.

Depuis combien de temps êtes-vous en recherche d’emploi ?

Que vous soyez en recherche depuis deux semaines ou deux ans, « il importe de renvoyer une image dynamique de vous-même », insiste Gilles Payet, auteur de l’ouvrage Entretien d'embauche et blogueur sur Questions d'emploi . Oubliez les réponses du type « J’étais en déprime » ou « A cause de la crise, je n’ai rien trouvé ». Si vos recherches d’emploi sont infructueuses depuis plusieurs mois, expliquez quelles activités vous avez développé en parallèle. Avez-vous suivi une formation ? Vous êtes-vous investi dans une association ? Ou lancé un nouveau défi ? Autant d’éléments qui vous permettront de parler de vos qualités et de les mettre en perspective avec le poste.

Pourquoi choisiriez-vous notre entreprise plutôt qu’une autre ?

Si le recruteur pose cette question, c’est qu’il a besoin d’être rassuré sur votre motivation à intégrer son entreprise. Il faut donc avoir glané, en amont de l’entretien, un maximum d’informations sur l’entreprise : ses valeurs, son image, son positionnement… « Et avoir compris en quoi elle se démarque des concurrents de son secteur », ajoute Agathe Bienaymé. Ne sous-estimez pas l’importance de cette question : le degré d’enthousiasme peut faire la différence entre plusieurs candidats de compétences égales.

Quels sont vos défauts ?

Cette question a pour objectif d’en savoir plus sur votre personnalité et de vous tester. « Ce qui m’intéresse, c’est de voir comment le candidat va assumer ses défauts et répondre à cette question relativement déstabilisante », explique Gilles Payet, pour qui la forme importe presque plus que le fond. Pour y répondre correctement, il existe plusieurs astuces. Primo, vous pouvez citer des défauts « qui peuvent s’avérer être des qualités aux vues du poste », explique Audrey Etcheberry. Par exemple : « Je suis anxieux ce qui m’amène à vérifier plus que nécessaire le travail que j’accompli » ou encore « Je fais parfois preuve d’impatience et j’ai tendance à ne pas facilement octroyer de délais à mes collaborateurs ». Sous-entendu : « Avec moi, vos projets seront remis en temps et en heure ». Secundo, vous pouvez citer des défauts tout en précisant que vous tentez de les rectifier. « Etre conscient de ses défauts traduit généralement une grande maturité », estime Agathe Bienaymé.

Quelle vision avez-vous de votre carrière à court, moyen et long terme ?

Ici, le recruteur s’attend à ce que vous évoquiez votre projet professionnel. « Nous tentons de voir si le projet du candidat peut s’inscrire dans les lignes de carrière que nous proposons au sein de notre entreprise », explique Audrey Etcheberry. Evitez les réponses mégalos du type « Je compte être directeur général d’ici trois ans ». Ou, a contrario, trop timorées : « J’adorerais être assistante de direction d’ici huit ans mais je sais que ce n’est pas gagné ». Il est préférable de trouver un juste milieu et de montrer que vous avez de l’ambition tout en restant lucide. Vous n’avez pas d’idée précise à long terme ? « Ce n’est pas rédhibitoire, insiste Audrey Etcheberry. Nous comprenons aussi les candidats qui raisonnent par opportunités. » Dans ce cas, parlez plutôt de votre volonté d’apprendre, d’être associé au lancement de nouveaux produits, d’encadrer plus de personnes…

Qu’avez-vous retenu de notre entretien ?

« Lorsque je pose cette question, je teste la capacité d’écoute et de synthèse du candidat et je m’attends à ce qu’il explique de nouveau en quoi son profil répond aux attentes de l’entreprise », résume Agathe Bienaymé. Si vous avez peur que votre mémoire vous fasse défaut, rien ne vous empêche de prendre des notes pendant l’entretien. Profitez également de cette question pour poser les vôtres. L’objectif étant de « gommer toutes les zones d’ombres qui entourent le poste ».


haut de page