Suis-je obligé de dévoiler les éléments de ma vie privée en entretien ?

Auteur : Sandrine Guinot
juin 2011

Deux experts vous éclairent sur les limites que le recruteur ne doit pas dépasser.

« Ces questions sont nulles et non avenues ! Affirme Isabelle Chabran, avocate conseil et docteur en sociologie des relations du travail. L’article L 1221-6 ne prête pas à confusion : les informations demandées à un candidat ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier ses compétences professionnelles ou sa capacité à occuper un poste donné. »

Les questions posées doivent donc avoir un lien direct avec l’emploi ou l’évaluation des aptitudes professionnelles. Dans le cas contraire, il s’agit d’une pratique discriminatoire, « le recruteur est alors passible d’un jugement au pénal, de peines de prison et d’amendes pouvant atteindre jusqu’à 225 000 € pour une personne morale », précise Alain Gavand, président directeur général d’Alain gavand consultants et président de l’association A Compétence Egale.

La loi prévoit toutefois une exception pour les entreprises dites de tendance (partis politiques, syndicats, associations philosophiques…), « mais attention, on pourra effectivement demander à une personne assurant une fonction de représentation de partager les idées prônées par l’organisme, mais cela ne tient plus s’il s’agit d’embaucher une assistante administrative », nuance Isabelle Chabran.

S’il ne peut pas questionner directement un candidat sur sa vie personnelle, le recruteur est en revanche en droit de présenter le contexte du poste. « Il pourra ainsi préciser que la fonction nécessite des horaires décalés et de nombreux déplacements et demander à la personne si cela lui convient, illustre Alain Gavand. Libre ensuite au candidat de répondre en abordant ou non des éléments d’ordre privé, mais l’employeur n’a absolument pas à entrer sur ce terrain-là ! »


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